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28.10.2009 20:25 - . " "
: boristanouscheff :   
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: 25.01.2010 12:36


Rflexion sur une association franaise (et pas seulement)

En octobre 2007, une association humanitaire fait la une de l"actualit et devient malgr elle la vedette des mdias – l’Arche de Zo. Immdiatement elle a divis l’opinion publique entre ceux qui approuvaient son action (en faveur de l’adoption des enfants africains non orphelins) et ceux qui rflchissaient sur le message vhiculait par cet acte.

Ceux qui plaidaient en sa faveur percevaient sa mission comme une cause suffisante en soi. Les autres, voyait plutt la peine inflige aux enfants spars de leurs parents dont l’ampleur de la souffrance tait plus grande que celle de la famine; voyait les valeurs de la France mises en cause; voyait la foi dans les missions des ONG et dans l’altruisme d’autrui dgrade.

Prsents comme objet de sauvetage, les enfants en question n’ont mme pas eu occasion de s’apercevoir qu’ils en devenaient un car, pour les soumettre son choix selon des critres qui n’taient pas des leurs, l’Arche de Zo abusait de leur confiance.

Confronte au dsastre de son action humanitaire l’association tentait convaincre en sa bonne foi l’opinion dominante en maquillant, au sens propre et figur, la vrit. …

C’est un phnomne propre l’humain de prsenter sa conscience comme une valeur en soi. Ceci est vrai si le sujet se reflte en tant qu’hritage de l’humanit, c’est beaucoup moins certain s’il s’identifie une culture donne du type national ou confessionnel.

Par dfinition la culture est antrieure au sujet et pour qu’elle soit intriorise elle exige de lui un travail de rtrospection qui est efficace uniquement s’il possde dj la cl approprie pour dcoder ses messages.

Mais cette cl, n’ouvre-t-elle pas au mme temps la porte donnant sur l’emprise de ce qui va de soi? - potestas clavium profano - les prmisses de l’vidence procurant le pouvoir sculier de laconviction,le pouvoir d’arbitrer le quiproquo, le pouvoir de ne pas justifier ses dcisions.

Or, le parcours initiatique du sujet est souvent entrav par la redondance et les prjuges du quotidien car mme s’il communique beaucoup plus qu’auparavant, ou bien, justement pour cette raison l, la mfiance, transforme en opinion, demeure comme ultime recours face la dcouverte d’un monde dont l’immense diversification incommode ses certitudes.

A l’aune d’une conscience autre que la sienne, un reprsentant de la France peut toujours, en vue d’approuver ses intentions, recourir son statut ou/et son origine. Mais sans dpasser les ides arrtes, sans se convertir au non-moi de son identit statutaire et originaire pour ne garder que ce qui est en commun, il n’arrivera jamais se faire admettre par quiconque d’extrieure.

Car le progrs technique rendu les frontires des pays virtuelles et la France d’aujourd’hui c"est aussi l"ide que les autres se font d’elle. Et si elle rayonne au-del de son territoire c’est grce son discours sur les droits de l’homme, enracin dans son pass Lumire. Mais pour que sa plaidoirie n’apparaisse pas comme une simple prtention il faut encore parler juste.

Le fait d’avoir l’habilit d’agir en tant que reprsentant ou fonctionnaire d’un pays, reconnu comme berceau des droits de l’homme, ne signifie pas forcement la capacit d’intrioriser l’universalisme, au sens large du terme, de son patrimoine spirituel - le seul qui porte vritablement au-del des frontires individuelles et tatique.

L’aptitude de dpasser son identit pour rendre sa diffrence accidentelle et ne voir en l’autre qu’autre que soi,ne voir en lui que le semblable avec lequel on communique, c’est le sine qua non du travail humanitaire mais aussi l’a priori de tous les domaines o les valeurs sont symbolises y compris ceux des institutions officielle comme celle de la justice.

Paradoxalement, ce n’est qu’ partir de ce moment qu’on se doit descendre dans le rel - juger in concreto sur la base des valeurs communes. Faute de quoi on risque de prendre, par exemple, dans le cas des familles nombreuses, un mode de vie ancestral ou une vie ddier aux enfants pour des irresponsabilits.

Cependant, les principes universalistes (ceux qui grent les droits de l’homme, la dmocratie) ne sont pas des ascendants du langage de la realpolitik qui ne serve qu’ justifier les interventions de toutes sortes. Le risque d’une pareille confusion est de voir des ides, l’origine pour prserver des catastrophes humanitaires, telle le droit d’ingrence, ananties par des actions-spectacle (ayant pour objectif d’attirer l’approbation de l’opinion publique) comme celle des amricaines en Irak qui imposaient une culture diffrente LEUR vision des valeurs dmocratiques, mme au prix des mensonges avrs, car leur finalit correspondait leurs intrts.

De ce pont de vue, les responsables de l’Arche de Zo, ne sont que des adeptes zls de cette politique de l’humanitaire-spectacle. Ils entretiennent volontairement la confusion entre droit et devoir d’intervention et logiquement peinent dmler les mobiles humanitaires des mobiles politiques et des intressements personnels.

Pendant leur mission africaine ils ont agi comme des fonctionnaires investis de plein pouvoir d’imposer ses rflexions prtablies. Pour des raisons historiques, l d’o ils viennent, le fonctionnaire est omnipotent et son infaillibilit prsuppose (son droit inalinable au poste) ne pas de nature l’inciter remettre en question ses dcisions. - entre parenthses - On ne peut que se fliciter du dnuement heureux de l’affaire des infirmires bulgares mais leur libration est l’exemple typique de ce pouvoir, presque divin, de la fonction qui ne fait que court-circuiter le travail de longue haleine de l’instauration d’une justice indpendante de la volont providentielle du pouvoir personnalis des institutions.

Aller la rencontre d’autrui, si c’est prioritairement dans le cadre d’un statut, devient alors un exercice idologique en concordance uniquement avec la vision personnelle, au mieux politiquement correcte au pire arbitraire, du dcideur et non pas un cas de conscience. Ainsi le conflit entre l’humanitaire conceptuel (idologique) et l’humanitaire tout court est invitable voir intrinsque pour toutes les organisations qui travaillent avec des trangers ou l’internationale mais restent confines dans ses perceptions statutaires nationales; qui ne sont que des fonctionnaires humanitaires compte associatif (bien subventionn ou rmunrs de prfrence).

Mme quand il ne s’agit pas de tirer des profits personnels ou de faire du spectacle, le fait d’agir selon ses prrogatives et non pas sur la base de libres changes des opinions ne mne qu’ l’assistanat. Or, qu’il soit l’tranger ou en France ce n’est pas une solution pour l’individu, en dehors des rgimes totalitaires, d’tre assujetti une action qui ne fait qu’ accroitre sa dpendance.

Dans ce domaine la France pourtant n’envoi pas un signal sans ambigut. Dans le cadre, par exemple, de sonAssistance ducative les services concerns sont rmunrs, et par consquent motivs, sur le nombre des enfants assujettis la mesure et non pas sur le nombre des enfants sortis de ce type d’assistanat.

Pour s’carter de tout permissif statutaire, qui induit si souvent en erreur tant au niveau du bien-fond des mesures imposes qu’au celui de la ngligence de la contestation qui s’en suit, il faut s’affranchir de la signification de la fonction et le raisonnement qui y est li et engager le dialogue avec autrui son hauteur sans riger en dogmes des principes qui ne sont pas inhrents sa culture; il faut le tolrer pour tre tolrer et subjuguer ainsi la diffrence; il faut surtout voir en lui, selon l’expression de Levinas, une source d’exigence morale

Boris Tanusheff




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